CJ5 Jeep

Jeep CJ5 by indiancars

JEEP CJ5

UNE EXPAT DE RETOUR

Le 4×4 vintage effectue un retour extraordinaire aussi bien dans les rues des villes comme sur nos rivages estivaux. Certains irréductibles de la Jeep bravent de nouveaux la jungle urbaine à bord de classique. Cette CJ5 de 1980 remise en forme chez Indiancars participe à cette tendance comme à l’époque, lorsqu’elle était la favorite des VIP. Après plusieurs décennies en Polynésie, la voici de retour sur le vieux continent où elle continuera sa carrière de 4×4 loisir sur les rives de la Méditerranée.

Le 12 Novembre 1954 la Jeep CJ-5 fait son apparition. Elle est le premier nouveau modèle inscrit au catalogue depuis le rachat de Willys par le groupe Kaiser Frazer en 1953. Après le règne de la CJ-3 naissait la CJ-5. Conçue sur les bases de la Jeep militaire M38A1 et d’une CJ-4 qui ne fut jamais commercialisée. En 1954 la CJ-5 entra en production et la lignée des CJ (Civilian Jeep) effectuera une carrière de presque 30 ans. La CJ5 connaîtra le succès avec plus de 600 000 exemplaires vendus jusqu’en 1983.
Tranchant avec un passé militaire en offrant plus de confort que la CJ-3 ou CJ-4, elle se différentie par ses formes plus douces et un comportement routier plus digne de son orientation tournée vers le loisir.
Durant les premières années elle sera équipée du bloc essence 4 cylindres 2,2L Hurricane (évolution du “Go Devil“). Le diesel fit aussi son apparition avec le Perkins 192 et plus tard, le 3,6L V6 Dauntless (Buick 225) lui donnera du muscle. Mais, la carrière de la CJ trouvera son apogée avec la version équipée du 4,9L V8 Vigilante (140 ch), qui fut installé sur les premières séries limitées alias Renegade 1. Jugée un peu limitée par la clientèle professionnelle et fidèle de Jeep, dès 1956 fut lancée la CJ-6. Celle-ci offrait à la base de la CJ5 une benne rallongée de 20 inch (508 mm), pour un empattement de 101 inch (2,56 m). De quoi en faire un vrai Work horse pour fermiers du Middle West.

Le succès de la CJ5 ne fut pas seulement dû à la réputation guerrière de la Willys, c’est aussi à la ville que nombre de VIP firent le choix de la Jeep CJ. En 30 ans de carrière, elle peut se targuer d’avoir séduit Elvis Presley, John Wayne, Ronald Reagan ou Steve Mc Queen et encore dernièrement, Ralph Lauren. Grand collectionneur de voiture ancienne, ce pape de la mode chic et décontractée, photographié avec ses enfants sur une plage de Long Island (banlieue chic au Nord de New York) est la preuve que les gros SUV d’aujourd’hui ne suffisent plus à classer son homme.
Si la sienne date de 1976, notre CJ5 du jour est née en 1980 et fut livrée à Tahiti où elle fut l’engin de balade idéal sur les plages entre cocotiers en mer couleur azur.

Cure de jouvence méthode indienne


Lorsque cette CJ5 est arrivée chez Indiancars après avoir voyagé depuis la Polynésie Française, la plus grande surprise fut la lecture du compteur kilométrique. Avec à peine 4 000 km affichés, on pouvait considérer cette Jeep comme à peine rodée. L’autre bonne nouvelle ? La sellerie révélait qu’il s’agissait d’une rarissime version Renegade série limitée “Levi’s“. En effet, les sièges couleur sable arboraient bien les petits boutons siglés de la célèbre marque de jeans.
En revanche, le défi allait être de taille, car il était hors de question pour son propriétaire de dénaturer cette pièce de collection lors de cette remise en route. En effet, le séjour prolongé à Tahiti au cœur de l’océan Pacifique avait laissé des traces. Si la carrosserie et le châssis ont bien résisté à la corrosion, il a fallu une sacrée séance de cosmétique afin de redonner à la peinture “Piquée“ de l’ensemble de la caisse, son lustre d’antan. C’est à la main qu’on a donné dans l’huile de coude durant des heures pour ce que l’on peut considérer comme un “Coup de polish“ à l’ancienne. Le résultat est à la hauteur de la tâche, la couleur passée retrouve son intensité et son brillant sans passer par une cabine de peinture.
Une fois le kit d’auto collants “Renegade“ posés, les pare chocs et les jantes chromés sont remplacés par des éléments neufs “vintage“, tandis que la sellerie “Levi’s“, pièce unique, est en train de s’offrir un coup de jeune chez le sellier. Une nouvelle capote couleur sable est montée assortie de ses portes en toile.
Du côté de la mécanique, le moteur 6 cylindres essence ne donne aucun signe de faiblesse. Vu son faible kilométrage, c’est normal. On change tout de même le radiateur, l’ensemble des éléments de l’allumage, les filtres, les fluides, quelques joints et durites, mais cette mécanique Jeep reste un standard de robustesse et de longévité.
Les transmissions passent elles aussi par une inspection en règle. Alors que les deux ponts sont en parfait état, il faut tout de même se résoudre à changer l’ensemble des lames de ressorts et des amortisseurs de suspensions. Le système de freinage nécessite lui aussi une mise à jour. Disques, plaquettes, maitre-cylindre sont remplacés par des éléments neufs. Un tour de clé et la balade en CJ5 peut commencer. Il ne nous manquait qu’un rayon de soleil pour que le bonheur fut complet…

La Jeep loisir

Pour l’amateur de Jeep Willys ou Ford de la seconde guerre mondiale, c’est tout d’abord la position de conduite qui change tout. Plus question de Willys combattante, mais bien du nouveau standard de confort de la Jeep des loisirs vers lequel tendra la production automobile américaine après le conflit. Si le confort est encore relatif, c’est avec plus d’aisance que débute cette balade initiatique sous la pluie et face au vent. Une fois la boîte de vitesses apprivoisée la CJ5 et sa direction moins floue on ne peut que tomber sous le charme de ce 4×4. C’est lorsqu’il faut se résoudre à freiner face à l’obstacle qu’on réalise les progrès réalisés à l’époque, plus question de cette sensation de tirage à gauche. Tailler la route avec une CJ5 n’est plus un combat à chaque virage et sur les petits chemins. Le comportement agile reste une constante, rien de vraiment révolutionnaire pourtant si ce n’est la plus grande souplesse des suspensions à lames de ressorts. Un bien pour nos lombaires qui n’a pas de contrepartie lorsque l’on considère la tenue de cap. Comme sur route, cette Jeep reste saine sans donner dans la grande précision. Le moteur 6 cylindres essence de 4,2L AMC procure de quoi s’amuser avec 114 ch et surtout son couple de 27,6 mkg à 1 600 tr/mn. Si l’on y ajoute un pont arrière à glissement limité et un poids plume de 1 072 kg, cette CJ5 est capable de passer partout.

Cette Jeep était un luxe à son époque et après presque 40 ans de carrière les CJ5 se font aujourd’hui collector. L’état de conservation exceptionnel de cette exemplaire resté d’origine et faisant partie des survivantes de la série limitée “Levi’s“ en font une rareté. Les plaques constructeurs placées sur le tablier sont à elles seules une page de l’histoire Jeep. Les CJ s’imposent désormais telles les icones du loisir à l’américaine.

La cote des CJ 5 :

– Les tarifs des CJ5 sont très variables. On peut dénicher une CJ 5 à partir de 5 000 € dans un état qui nécessitera une restauration importante.
– Ensuite, à partir de 10 000 €, vous pourrez vous offrir une CJ5 à l’allure plus fringante après une inspection du châssis et de la carrosserie sujette à la corrosion. Elle aura certainement besoin d’une révision complète. Il est recommandé de se méfier des préparations parfois “Artisanales“.
– Au-delà de 15 000 €, nous entrons dans le domaine des pièces plus rares en Europe, avec les séries limitées, les Renegade, les versions V8. A ce tarif-là, une Jeep CJ5 doit être totalement d’origine, pas de préparation spéciale “Off road“ tolérée.
– 30 000 €, c’est la cote des Jeep CJ5 100 % d’origine et peu kilométrées dont l’historique est connu ; L’exception. C’est aussi le montant qu’il faut compter pour les belles restaurations.