Jeep CJ-6…HATARI !

Jeep CJ6 indiancars

Jeep CJ-6 Restauration

Attention danger ! c’est bien ce que signifie “Hatari“ en Swahili , la langue officielle du Kenya. C’est là-bas que fut tourné ce film mythique dont les stars se dénommaient ; John Wayne et Jeep CJ-6 . Oui, danger, car vous allez craquer pour ce collector comme ce fut le cas pour l’équipe d’Indiancars qui s’est lancée dans une restauration complète. Modèle rare en Europe, cette CJ-5 rallongée pour obtenir “…More cargo capacity…“, se devait de renforcer l’image de la marque de Toledo dès 1955. Danger ! Le virus CJ-6 de la Jeep qui se voulait “…Universal…“, vous guette.

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Bien avant le Monsieur Cadbury des années 90, dont nos jeunes têtes blondes avides de ses Fingers réclamaient des barres chocolatées …Un peu plus longues… Les utilisateurs de Jeep en demandaient autant à propos de la CJ dès les années 50. En effet, après le règne de la CJ-3 naissait la CJ-5. Conçue sur les bases de la Jeep militaire M38A1 et d’une CJ-4 qui ne fut jamais commercialisée, en 1954 la CJ-5 entra en production et effectuera une carrière de presque 30 ans. Jugée un peu juste par la clientèle professionnelle de Jeep, dès 1956 fut lancée la CJ-6. Celle-ci offrait une benne rallongée de 20 inch (508 mm), pour un empattement de 101 inch (2,56 m). De quoi en faire un vrai Work horse pour fermiers du Middle West.

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Mais, les méandres du commerce restent impénétrables et elle ne connaîtra pas le succès de la CJ-5 vendue à plus de 600 000 exemplaires (jusqu’en 1983). Les ventes de la CJ-6 cessent en 1981 (1975 aux USA), après un peu plus de 50 000 exemplaires produit et vendus en majorité en Amérique du Sud et en Europe.

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Aujourd’hui, cette mésaventure commerciale fait de notre CJ-6 considérée telles une “Maxi CJ-5“ comme un rare collector dont la cote ne cesse de grimper. Un certain Ronald Reagan qui en possédait une dans son ranch Californien y participa grandement. Mais c’est un autre acteur hollywoodien ; John Wayne, qui en a fait une légende. En 1962, les CJ-6 utilisées dans le film Hatari ! Réalisé par Howard Hawks, étaient ses partenaires indestructibles. À l’écran, rien n’avait eu raison des Jeep dans ce scénario d’action sur fond de Western Africain. Ni les buffles, ni les rhinocéros les ayant prises pour cible n’en viendront à bout. On se souvient même de deux jeunes éléphants chargés dans la benne. Heureusement pour la Jeep, cette séquence se situe à la fin du film !

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Ainsi, au même titre que la Jeep Gladiator (zébrée), du feuilleton Daktari c’est bien sur le grand écran qu’est née la passion Jeep de bien des enfants. David Dalet et Bruno Tréboit, les boss d’Indiancars, n’ont pas résisté et ont craqué pour cette CJ-6 dénichée au fond d’un vieux garage. Ce modèle de 1974 équipé du 6 cylindres en ligne 3,8L AMC 232 (3 803cm3), fait partie des derniers exemplaires importé chez nous par la société SOFIA, afin d’être vendus aux administrations Françaises. Après une carrière de presque 40 ans de bons et loyaux services, la voici qui entre dans l’atelier de Coignières (78).

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Une “Oldies“ sur le pont
Après un état des lieux effectué, le constat est plutôt positif. Malgré sa carrosserie ternie, cette CJ-6 est complète et son châssis ne présente pas de dommages majeurs. La mécanique et la chaîne cinématique sont d’origine, le grand démontage peut débuter. Alors que les pièces de la caisse partent chez le carrossier puis la cabine de peinture, le châssis roulant est nettoyé à l’aide de l’incontournable Karcher. Cela reste le meilleur moyen d’y voir plus clair en éliminant boue séchée, rouille et graisse incrustée. À grand renfort de dégrippant, l’ensemble de la CJ est mis en pièce. Les corps de ponts et le châssis partent au sablage et ce dernier est traité anti- corrosion puis retrouve l’éclat du neuf une fois peint en noir. Sur cette base, on remonte alors les lames de ressorts neuves (+2 pouces), à l’aide de silent blocs. Amortisseurs, ponts (Dana 30 et 44), freins et durits installés, l’ensemble peut facilement être déplacé dans l’atelier en attendant la remise en état du cœur de cette CJ-6.

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Le moteur 6 cylindres 3,8L AMC est entièrement restauré à l’aide de soupapes, pistons, segments, coussinets et joints neufs. Rien de sorcier pour l’équipe Indiancars, mais il faut connaître ce gros moulin et travailler méticuleusement. Le bloc et les carters de boîtes (3 vitesses T90 et transfert Dana 20), ayant retrouvé l’éclat d’antan, on remonte l’ensemble sur les châssis sans oublier d’intercaler le nouveau mécanisme d’embrayage. Ensuite c’est au tour des collecteurs de passer sur l’établi. Celui de l’échappement sera le plus difficile à remettre en état comme le veut la tradition. L’allumage reste 100% d’origine et un nouveau carburateur Weber double corps 32/36 assorti de son filtre coton n’attendent plus qu’un peu de carburant dans le nouveau réservoir et le montage à blanc du radiateur pour effectuer ses premiers tours de vilebrequin. Moment d’émotion que la renaissance d’une telle mécanique !
L’âme de cette CJ-6 tourne parfaitement, le grand Mécano du remontage de la caisse, des ailes, du faisceau électrique, des assises peut commencer. Les multiples petits détails de finition prennent fin. Il tardait à toute l’équipe de voir rouler cette Oldies CJ.

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L’utilitaire version Beach boys
Aux commandes de cette CJ-6, l’amateur de MB ne sera pas dépaysé. Même sensation de liberté lorsque sans capote, on roule cheveux aux vents. Les seules différences ? Un environnement certes moins austère dû à cette caisse orange. Mais avant tout, une fois qu’on a passé le 3e et dernier rapport, on peut presque oublier le levier de vitesse. En effet, avec un couple de 25.5 Nm à 1 800 tr/mn, on peut presque compter les coups de pistons sans caler lorsque l’on évolue au ralenti en Off road. Mais c’est bien lorsque l’on augmente l’allure que la différence CJ-6 se fait sentir. Avec son empattement long (2,56m) et environ 100 ch à 3 600 tr/mn, rouler bon train est aussi un régal. La tenue de cap sur piste très saine était certainement inédite dans la lignée des CJ de l’époque. Les lames de ressorts et un poids d’à peine une tonne nécessite tout de même une certaine prudence, la CJ-6 n’est pas un 4×4 de course, juste un utilitaire. Malgré cela, sur la route qui vous mènera immanquablement vers la plage, cette Jeep tient son rang permettant aux plus téméraires d’atteindre une vitesse maximum de 120 km/h. L’utilitaire d’hier est bien devenu un collector tendance loisirs, parfait pour jouer les Beach Boys au meeting du Chambon-sur-Lac comme chez les surfeurs, dans les Landes.

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Cette version de la CJ-6 de 1974 a autant séduit par sa rareté sur notre territoire que par sa motorisation. En effet, le 6 cylindres 3,8L en fait presque une exception car la CJ-6 fut en majorité proposée avec le bloc essence 4 cylindres 2,0L Hurricane, le Perkins 192 Diesel ou plus tard, le 3,6L V6 Dauntless (Buick 225). Le seul concurrent de cette CJ-6 magnifiquement restaurée serait bien la version équipée du 4,9L V8 Vigilante (140 ch), qui fut installé sur les premières séries limitées alias Renegade 1! Face à la montée en puissance de la tendance qui veut qu’on roule de plus en plus en “Ancienne“, Il n’est pas impossible qu’une de ces légendes sur 4 roues motrices entre dans un beau matin dans l’atelier Indiancars. Hatari ! Oui, il est toujours aussi dangereux d’aller roder dans le show-room de la tribu de Coignières.